banū hāšim
Histoire
Origines
Dynastie hachémite est le nom pris par la dynastie des Banu Qatadah en 1916 lors de la fondation du royaume du Hedjaz. Originaires de la péninsule arabique, ceux-ci sont une branche des Banu Hachim, qui, selon la tradition, sont les descendants en droite ligne de l'arrière-grand-père de Mahomet, Hachim ibn Abd Manaf (mort en 510), appartenant comme lui à la tribu des Quraychites, riche et commerçante, qui dominait La Mecque au VIIe siècle et à laquelle est dédiée une brève sourate du Coran[].
Depuis le Xe siècle, les chérifs et émirs de La Mecque furent des Hachémites, voyant se succéder les empires fatimide, seldjoukide, ayyoubide, mamelouk et surtout ottoman, tout en conservant leur autorité.
Première Guerre mondiale et révolte arabe
Lors de la Première Guerre mondiale, les Français et les Britanniques cherchent à s'allier avec les Arabes pour lutter contre l'Empire ottoman. Elle fait l'objet de la correspondance Hussein-Henry McMahon ; Hussein Ibn Ali étant chérif de La Mecque et sir Henry Mac-Mahon étant le haut-commissaire britannique au Caire.
Le chérif, de plus en plus en opposition avec les Jeunes-Turcs, déclenche la grande révolte arabe en 1916 contre la promesse d'un royaume arabe après la victoire. Avec l'aide de Thomas Edward Lawrence, ses fils, Fayçal en tête, emmènent les tribus arabes du Hedjaz jusqu'en Syrie. Le , avec les troupes britanniques du général Allenby, elles atteignent Damas. Fayçal devient en 1920 Fayçal Ier, roi de Syrie.
De l'après-guerre à nos jours
À la chute de l'Empire ottoman, Hussein devient roi du Hedjaz indépendant avec l'accord tacite du Foreign Office. Les Britanniques continuent néanmoins à entretenir un autre allié, Ibn Séoud, ennemi de Hussein, qui se lance à la conquête de la péninsule. En 1925, Ibn Séoud prend La Mecque, mettant fin à presque un millénaire de chérifat hachémite.
Fayçal est donc proclamé roi de la Grande Syrie en 1920 mais c'est sans compter sur les Accords Sykes-Picot : la conférence de San Remo place la Syrie sous mandat français, ce qui aboutit à la bataille de Maysaloun. Fayçal doit alors s'exiler au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique qui administre l'Irak décide d'y établir un royaume et il devient roi d'Irak en 1921. Il réussit à rendre ce pays pleinement indépendant en 1932, avant de mourir en 1933. Son petit-fils Fayçal II sera déposé et assassiné lors du coup d'État du général Kassem le . La dynastie hachémite d'Irak est aujourd'hui encore prétendante au trône : le cheykh Hussein est le chef du Parti monarchiste hachémite parlementaire irakien créé après la guerre d'Irak de 2003.
Abdallah Ier de Jordanie, un autre fils de Hussein ibn Ali, montera sur le trône de l'émirat de Transjordanie en 1921 ; celui-ci devient en 1946 le royaume de Jordanie où les Hachémites règnent encore aujourd'hui, représentés par le roi Abdallah II. La double dynastie hachémite a été mise à mal par l'Histoire : la Grande-Bretagne sapera l'autorité d'Abdallah en se vantant de le manipuler (Churchill se vantera un jour d'avoir créé la Jordanie avec un crayon un après-midi au Caire).
C'est dans ce contexte difficile que se situe l'action d'Abdallah, roi de Jordanie, qui, désireux de redonner leur prestige aux Hachémites, se résout à lancer la « Légion arabe » à la conquête de Jérusalem (Al Qods en arabe) lors de la guerre de Palestine de 1948. Il souhaite que ce lieu saint, le troisième de l'Islam, soit administré par sa dynastie alors que les deux premiers — La Mecque et Médine — sont désormais aux mains des Saoud. Voilà pourquoi, fort d'avoir pu résister aux assauts de l'armée israélienne, Abdallah vainqueur et maître de Jérusalem mais aussi de la Cisjordanie, proclame la naissance de l'unité palestino-jordanienne, entité rassemblant la Jordanie et la Cisjordanie. Cette initiative lui sera fatale : l'annexion de facto de la Cisjordanie à son royaume souleva la colère des Palestiniens qui l'assassinent à Jérusalem en 1951 alors qu'il visite la mosquée Al-Aqsa.
Malgré la défaite de la guerre des Six Jours en 1967 et la perte de Jérusalem et de la Cisjordanie qui s'ensuit, les Hachémites de Jordanie supervisent toujours le Waqf qui gère toutes les mosquées de Palestine, dont celle d'Al-Aqsa à Jérusalem. En 1924, des portions territoriales d'Arabie saoudite relevant du Hedjaz leur sont cédées : la région de Maan et la ville d'Aqaba.
Vision politique commune aux Hachémites
Les Hachémites ont globalement été favorables à un Islam moderne, pré-schismatique, en opposition par exemple au wahhabisme des Saoud.
Lawrence a souligné la vision romantique de Fayçal d'un nouveau prestige arabe (« la nostalgie des jardins de Cordoue », en faisant référence à l'Empire omeyyade qui s'étendait jusqu'à l'Espagne). Fayçal comme Abdallah Ier ont toujours défendu le panarabisme.
Les Hachémites ne s'opposèrent pas à l'arrivée des juifs, massive et officialisée par la Déclaration Balfour. À l'occasion d'un accord signé avec Chaim Weizmann, Fayçal lança les bases d'une coexistence et d'une collaboration entre juifs et arabes dans la région. L'accord, reposant sur des engagements réciproques, était un exemple de tolérance religieuse et de bonne volonté des deux parties, et fut même présenté à la Conférence de Paris chargée d'organiser l'après-guerre au Proche-Orient. Cependant, les rivalités européennes reprirent le dessus et le document resta lettre morte.
Sculptée à-même la roche rouge et vibrante des falaises, la cité jordanienne de Pétra a échappé au regard du monde occidental pendant des centaines d'années.
Située au milieu des montagnes du désert, dans l'actuel sud-ouest du Royaume hachémite de Jordanie, Pétra était autrefois une ville prospère, capitale de l'empire nabatéen entre 400 et 106 av. J.-C.
La cité est restée à l'état de vestiges pendant des siècles. Ce n'est qu'au début du 19e siècle qu'au cours d'un voyage un Européen s'est déguisé en bédouin pour se faufiler dans la mystérieuse ville antique.
En 1985, le parc archéologique de Pétra a été ajouté à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et en 2007 il a été ajouté à celle des sept nouvelles merveilles du monde.
FAITS ET FICTION
Plusieurs scènes du film Indiana Jones et la dernière croisade ont été tournées à Pétra. Le canyon en forme de croissant de lune construit pour les besoins du film a été modelé d'après le canyon Siq menant à Al Khazneh (au Trésor) d'une hauteur de 76 mètres à l'entrée est de Pétra.
Dans le climax du film, Harrisson Ford et Sean Connery s'écartent du Siq pour pénétrer dans les labyrinthes du Trésor et trouver le Sain Graal. En réalité, le Trésor n'est qu'une façade donnant sur une pièce relativement petite, autrefois usitée comme tombeau royal.
« On ne peut pas dire qu'Indiana Jones soit criant de vraisemblance, » explique Ronny Reich, archéologue à l'université de Haifa.
Une urne géante surplombant l'entrée du Trésor est criblée d'impacts de balles suite à plusieurs échanges de tirs entre des pillards et des hommes voulant protéger la cité.
Si aucun trésor ne se trouve à Pétra, des douzaines de tombes et d'éléments sculptés ont été mis au jour sur les sites archéologiques de la ville.

