Ǧinn

Lilith LilītuΣ  Lilū

  1. Génie (bon ou mauvais), dans le Coran et les légendes musulmanes.

 

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La reine de la nuit bleue

Lilith (en hébreu : לילית) est un démon féminin de la tradition juive, qui transpose une divinité à l'origine mésopotamienne. Dans les légendes juives qui se répandent au Moyen Âge, Lilith est présentée selon l’alphabet de Ben Sira comme la première femme d'Adam, avant Ève.

Lilith (homonymie)


  • Lilith est une figure juive alternativement considérée comme démon sexuel et comme femme fatale.

Astronomie et astrologie

Lilith, ou encore la Lune noire, a deux sens en astrologie :

  • Un second satellite de la Terre. Aujourd'hui l'existence d'un tel objet est réfutée par les astronomes ;
  • Le second foyer de l'orbite lunaire (comme tout corps en orbite autour d'un autre de masse dominante, la Lune a une orbite elliptique dont la Terre est un des deux foyers).

Étymologie et origine


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Une étymologie populaire relie le nom de Lilith à la racine hébraïque laylâ « nuit ». Cette mauvaise étymologie en fait un démon de la nuit. Lilith est en fait la forme hébraïque de l'akkadien lilītu, féminin de lilû. Il dérive du sumérien líl qui signifie vent. C'est à l'origine une déesse mésopotamienne liée au vent et à la tempête.

Selon Samuel Noah Kramer, Lilith apparaîtrait au IIIe millénaire av. J.-C. sous la forme lillake dans le poème sumérien Gilgamesh aux Enfers. La seconde partie de ce poème, traduite en assyrien, a été ajoutée en appendice à l'Épopée de Gilgamesh (tablette XII). Au début du récit sumérien, un démon ki-sikil líl-lá-ke4 s'installe dans le tronc de l'arbre huluppu planté sur le bord de l'Euphrate puis transplanté à Uruk dans le jardin sacré de la déesse Inanna. Le héros Gilgamesh parvient à l'effrayer et le démon s'enfuit dans le désert, lieu du séjour habituel des démons. Il est possible que ce soit la première mention de Lilith même si cette identification est contestée.

Dans les sources akkadiennes, les démons Lilū, Lilītu et ardat-lilī dominent les vents. Les démons femelles Lilītu et (w)ardat-lilī cherchent à séduire les hommes. Lilītu n'a pas de mari et ne peut avoir d'enfant. Elle cherche à entrer dans la maison d'un homme par la fenêtre. Elle peut s'enfuir à travers les fenêtres ou s'envoler comme un oiseau. À partir de l'époque médio-babylonienne, Lilith est assimilée à Lamashtu. Elle représente un danger pour les femmes qui accouchent et pour les nouveau-nés. Pour se protéger de Lilith, on doit recourir à l'invocation d'autres démons, notamment le roi des lilû, Pazuzu.

La figure de Lilith

Dans la Bible

Le mot « Lilith » est un hapax dans la Bible hébraïque. La seule référence à Lilith figure dans le livre d'Isaïe (34.14). Dans cette prophétie sur la fin du royaume d'Édom, le territoire d'Édom est décrit comme une terre désolée. Il est habité par des bêtes sauvages et par Lilith. La signification de Lilith dans ce passage n'est pas claire. Les premières traductions grecques de la Bible l'ont rendu de différentes manières. La Septante le rend par onocentaure (créature mi-homme mi-âne). Cette lecture peut renvoyer à la figure de Lamashtu qui peut être représentée assise sur un âne. Aquila transcrit simplement Lilith et Symmaque utilise le nom Lamia qui est un démon de la mythologie grecque.

Les traductions françaises modernes optent généralement pour le nom propre Lilith (ou encore Lilit avec ou sans article défini, au singulier ou au pluriel). Dans des traductions plus anciennes, le mot hébreu (ou grec) est rendu par des termes se référant à des créatures mythologiques, démoniaques ou monstrueuses, effrayantes ou encore à des animaux nocturnes à cause de la mauvaise étymologie qui fait dériver Lilith de la racine hébraïque signifiant « nuit » (lamia, sirène, monstre de la nuit, créature de la nuit, spectre de la nuit, chat-huant, hibou, chouette, etc.). 

Dans le Talmud

Lilith apparaît quatre fois dans le Talmud. Elle est décrite comme un démon féminin aux cheveux longs et pourvu d'ailes (Talmud de Babylone Eruvin 100a, Nidda 24b). Sa figure de succube est mise en avant. Le tanna du ier siècle rabbi Hanina ben Dossa met en garde les hommes dormant seuls dans une maison de crainte que Lilith ne s'approche d'eux (Shabbat 151b). Elle est la fille d'Ahriman, l'adversaire d'Ormuzd dans la religion zoroastrienne (Baba Batra 73a). Dans le Talmud, Lilith est une créature qui s'attaque à tous les humains, pas spécifiquement aux enfants.

L'alphabet de Ben Sira

Sefer Raziel. Dans la vignette de gauche, représentation des anges Sanoï, Sansenoï et Samangelof avec leur nom. Au-dessus figure la phrase « Adam et Ève. Lilith dehors ».

Le récit qui a forgé la vision la plus répandue de Lilith se trouve dans un ouvrage appelé l'Alphabet de Ben Sira. Ce texte est un pseudépigraphe attribué au sage Ben Sira, l'auteur du Siracide ou Ecclésiastique (iie siècle av. J.-C.). L'Alphabet de Ben Sira est quant à lui une composition médiévale, rédigée en Perse vers le xe siècle. Lilith y est présentée comme la première femme d'Adam. Comme elle ne s'entend pas avec Adam, elle s'enfuit dans la mer Rouge, dans les eaux qui engloutiront les Égyptiens pendant l'Exode. Dieu envoie après elle trois anges pour la ramener, Sanoï, Sansenoï et Samangelof. Elle refuse de revenir et les anges menacent de la tuer. Elle fait alors le serment de ne pas s'en prendre aux enfants nouveau-nés dès lors qu'elle voit les anges ou leur nom. Le statut de Lilith comme première femme d'Adam vient en explication du double récit de la création dans le livre de la Genèse (Gn 1.27 et Gn 2.22). La création de Lilith correspondrait ainsi au premier récit alors que le second concernerait Ève.

Dans la Kabbale

À partir du xiiie siècle, de nouveaux détails tirés de la littérature kabbalistique enrichissent le mythe de Lilith. Reprenant le récit biblique de la création, Lilith aurait été façonnée avec de la terre en même temps qu'Adam, mais avec de la terre impure, ce qui explique son caractère démoniaque (Yalqut Reuveni sur Genèse 2.21). Dans d'autres récits, sa naissance est associée à celle de Samaël. Selon le Zohar, elle émerge spontanément en même temps que Samaël. Les deux sont liés au caractère sévère de la justice divine (la sephira Gevura selon la terminologie kabbalistique). La manifestation de cet attribut de la rigueur présente en effet une analogie avec le mal (Zohar I 148a, Sitre Torah).

Dans une autre tradition, Lilith et Samaël sont en fait un seul être androgyne, à l'image de Dieu. Ils sont apparus de dessous le Trône Divin. Ils représentent d'une certaine manière l'Eve et l'Adam primordiaux mais sous la forme déchue ou terrestre.

Pour la punir, Dieu la condamne à voir tous ses enfants mourir à la naissance. Désespérée, elle décide de se suicider. Les anges lui donnent le pouvoir de tuer les enfants des Hommes (jusqu’à la circoncision, au huitième jour pour les garçons, et jusqu’au vingtième jour pour les filles). Elle rencontre ensuite le démon Samaël, l’épouse et s’installe avec lui dans la vallée de Jehanum, où il prend le nom d’Adam-Bélial.

Pour se venger, Lilith devient le serpent qui provoque la Chute d’Ève, et incite Caïn à tuer Abel. Comme ses enfants s’entretuent, Adam refuse d'avoir des relations sexuelles avec Ève, ce qui permet à Lilith d’enfanter des nuées de démons (avec le sperme d’Adam qui tombe à terre) pendant cent trente ans.

Plus tard, dans le Livnat ha Sappir, Joseph Angelino  identifie Lilith à la reine de Saba, dans son rôle de tentatrice ; toujours selon ce livre, l’une des deux prostituées qui se disputent un enfant devant Salomon serait également Lilith.

Dans la démonologie des Midrachim et du Zohar (Le Livre des splendeurs), il y a deux Lilith, la petite et la grande :

  • la « grande » est l’épouse de Samaël ; c’est la femme de la dépravation. Les Geonim expliquent qu’elle contrôle 480 légions, ce qui correspond à la valeur numérique de son nom. Pour avoir, malgré tout, sauvé quelques enfants (dont le fils du roi Nabuchodonosor), elle est autorisée à remonter sur Terre à l’approche du crépuscule ;
  • la « petite » est l’épouse d’Asmodée, prince des Enfers où Lilith règne en toute majesté, avec les trois autres reines des démons : Igrat, Mahalath et Nahemah et toutes leurs cohortes qui donnent naissance à des enfants par légions.

Yehouda Bar Rabbi relate, dans sa Genèse Rabba : « Le Saint — béni soit-il — avait créé une première femme, mais l’homme, la voyant rebelle, pleine de sang et de sécrétions, s’en était écarté. Aussi le Saint — béni soit-il — s’y est repris et lui en a créé une seconde. » (Genèse Rabba 18:4). Puis : « Caïn, qui se querellait avec Abel pour [la possession de] la première Ève [soit la petite Lilith, sa première mère], le tua… pour être sûr d’en être le seul possesseur. À eux deux, ils engendrèrent la portion diabolique de l’humanité, comme Adam et Ève en engendrèrent la portion bénéfique… » (Genèse Rabba 22:7→30).

Magie apotropaïque contre Lilith

Au fil du temps et dans différentes cultures, divers moyens magiques ont été utilisés pour repousser Lilith.

Les bols d'incantations

Coupe d'incantation de Nippur avec inscription en araméen (Metropolitan Museum of Art, New York).

Lors des fouilles réalisées par l'université de Pennsylvanie dans la ville de Nippur en Babylonie, des dizaines de bols d'incantations ont été découverts. Ces bols sont inscrits de textes magiques en araméen visant à assurer la protection des maisons contre des démons. Ils sont datés du vie siècle environ, c'est-à-dire postérieurs d'une centaine d'années au Talmud de Babylone. Certains de ces textes sont dirigés contre Lilith et les Liliths. La région comptait alors une importante communauté juive mais aussi mandéenne. Ils confirment la crainte, déjà exprimée dans le Talmud, qu'inspire Lilith et sa nature démoniaque. Si elle s'attache à un humain, un guet (acte de divorce) peut être nécessaire pour la faire partir. Le sage du ier siècle av. J.-C. Yehoshoua ben Perahya est également invoqué pour repousser Lilith.

Krasmesser alsacien

Moins une amulette qu'un objet rituel de protection, le Krasmesser (ou Kreismesser, couteau à cercle, en fait un couteau courbe et à bout arrondi mais peut aussi vouloir dire « couteau d’accouchement », le verbe kreissen signifiant accoucher en allemand et le mot « kreiss » se traduisant par circulaire) était largement utilisé par les Juifs vivant en Alsace, en Suisse et en Allemagne du Sud entre le xvie et xxe siècles. Le Krasmesser était utilisé par une sage-femme ou par le mari de la femme enceinte pour tracer un cercle magique autour d’elle afin de la protéger de Lilith et du mauvais œil, qui etaient considérés comme les plus grands dangers pour les enfants et les femmes enceintes.

Le rabbin Naphtali Hirsch ben Elieser Treves a décrit cette coutume dès 1560, et les références ultérieures à un couteau ou à une épée près du lit d'accouchement par Paul Christian Kirchner et Johann Christian Georg Bodenschatz indiquent sa persistance. Une publication sur les coutumes de naissance du musée juif de Suisse comprend des récits oraux enregistrés au xxe siècle dans le Bade-Wurtemberg, qui font également référence à des mouvements circulaires avec un couteau afin de protéger une femme en train d'accoucher.

Lilith et le féminisme

À l'époque contemporaine, la figure de Lilith rebelle à l'autorité d'Adam et sa création simultanée à celle de l'homme ont inspiré les mouvements féministes. Dans les années 1970, certaines militantes du groupe « Choisir la cause des femmes » ont repris Lilith et son image comme porte-flambeau de leur lutte. En effet, contrairement à Ève, que la Bible présente comme ayant été conçue à partir d’une côte d’Adam afin qu’elle lui soit dépendante et donc soumise, Lilith aurait été formée à partir d’argile comme Adam et serait donc son « égale ». Ce qui placerait la femme dans un statut, non plus de subordination, mais de parité-égalité face à l’homme

Démon femelle qui vient la nuit s'unir à un homme.
Le mot hébreu Lilit, qui prend en akkadien la forme Lilitu, est un prénom féminin de racine proto-sémitique LYL « Nuit », qui signifie littéralement « la femme de la nuit » ou « démon »

Un succube est un démon judéo-chrétien féminin qui séduit les hommes et abuse d'eux durant leur sommeil et leurs rêves. Les succubes servent Lilith. Leur pendant masculin est l'incube. Des légendes racontent que le succube prendrait l'apparence d'une femme défunte, faisant croire à sa résurrection pour abuser d'eux. 
Caractéristiques : Prend la forme d'une femme pour séduire un homme durant son sommeil
Proches : Incube
Sous-groupe : Démon
LYLJe t'adore
LYLL'amour de votre Look
LYLL'amour de votre vie
LYLLexington jeunesse Lacrosse
LYLT'aime les charges
LYLT'aime plus tard
LYLVivez votre vie

Lilītu est une démone mésopotamienne, pendant féminin de Lilū, engendrée comme lui par le dieu du vent Enlil. Son nom est le même que celui de Lilith dans la Bible, avec qui elle partage des points communs. Ce démon est considéré comme issu du spectre d'une femme morte en couches.

Lilītu est souvent assimilée avec Ardat Lili, dont il faut la distinguer. Lilith est en fait la forme hébraïque de l'akkadien lilītu, féminin de lilû. Il dérive du sumérien líl qui signifie vent ou souffle.

Elle a un aspect séducteur, comme un succube, bien qu'elle possède le corps d'une louve à queue de scorpion. C'est un démon stérile, possédant sa victime, masculine, dont elle fait son conjoint, l'empêchant de faire sa vie avec une mortelle. Elle dévore les enfants.

Les djinns (arabe : جِنّ ǧinn, singulier جِنّي ǧinnī ; parfois transcrit jinn) sont des créatures surnaturelles issues de la mythologie arabique préislamique et reprises, plus tard, dans la théologie et la mythologie islamiques. Ils n’existent pas seulement dans la tradition musulmane ; il se peut qu'ils soient issus d'une croyance païenne ou chrétienne ultérieurement absorbée par l'islam, probablement d'origine syrienne.

Selon le Coran, ils sont doués de libre-arbitre (et seront jugés avec les humains au jour du jugement), invisibles à l'œil humain, et ils sont créés à partir de feu sans fumée.

Ils peuvent prendre différentes formes (végétale, animale, ou humaine). Ils sont capables d'influencer spirituellement et mentalement les Hommes (voir possession), mais n'utilisent pas forcément ce pouvoir.

Dans la tradition musulmane

Pour les musulmans, les djinns représentent une sorte de créatures habitant la Terre qui vit près des points d'eau, dans les déserts et les forêts. Il y aurait dans la tradition islamique au moins une quinzaine de sortes de djinns. Pour se manifester, ils prennent diverses formes (métamorphes), dont celles de l'homme ou des animaux, souvent des serpents. Le mot djinn, ou ʿifrīt (عِفٰرِيتْ) (pluriel : ʿafārīt, عَفَارِيت), désigne d'ailleurs à la fois ces esprits et certaines variétés de serpents. Leurs noms, paroles ou comportements étranges permettent de les distinguer des humains quand ils en prennent leur forme. Certains de ces esprits étaient, selon les légendes pré-islamiques, les muses des poètes : ce sont les hawāǧis (singulier : hāǧis). Comme les hommes, ils sont organisés en tribus, peuples, royaumes et États. Ils ont des lois et des religions (dont celles de l'homme puisque « certains prophètes ont été envoyés par Dieu pour les djinns et les hommes » comme l'indique le verset coranique :

« Je (Dieu) n'ai créé les Djinns et les Hommes que pour qu'ils M'adorent. »

— [Sourate 51 - Verset 56]

En arabe classique et ancien : (جِنّي) ǧinnī (masculin) (جِنِّية) ǧinniyya (féminin), pluriel : ǧinna ou ǧinn, dans certains dialectes arabes postérieurs ǧinnī, pluriel : ǧnūn. Voir aussi goule (غُولْ).

Les appellations spécifiques des djinns chez les Maghrébins sont :

  • les 'Efrits (عِفَارِيت [‘ifārīt]) (de 'ifrīt عِفرِيتْ) : djinns de feu, qui peuplent les mondes souterrains.
  • les Maritins (مَاَرِدْ [māɾid]) (de Marid مَاَرِدْ) : djinns qui vivent près des cours d'eau.
  • les Sylphes (سلف [silf]) : djinns munis d'ailes qui peuplent les cieux (comparables à leurs homonymes gréco-latins).

Les confréries

À noter que la tradition populaire de la plupart des pays maghrébins, notamment le Maroc, a en son sein diverses confréries plus ou moins mystico-religieuses comme les Gnaouas et les Aissawa, à qui sont prêtés des pouvoirs surnaturels, notamment celui d'exorciste, car ils pratiquent un culte de possession. Il est fait appel à eux pour désenvoûter une personne, durant des cérémonies caractéristiques et gardées secrètes, que l'on appelle des lilas, largement pratiquées dans la ville d'Essaouira.

Dans l'islam

Les djinns sont fréquemment mentionnés dans le Coran. Une sourate distincte leur est dédiée (sourate 72). La prédication du prophète Mahomet est explicitement valable non seulement pour les Hommes, mais aussi pour eux. Ils ont été conçus dans l'histoire de la création coranique à partir du « feu sans fumée » (Sourate 55:15). Comme les humains, ils auraient été « créés pour servir Dieu » (Sourate 51:56). De plus, il y en a des croyants et des non-croyants. Ces derniers sont censés aller en enfer (sourate 6: 128; sourate 11: 119; sourate 32:13; sourate 41:25). Au temps du Prophète, certains djinns ont découvert lors d'une réunion qu'ils ne pouvaient plus entendre les anges parler. Ils sont sortis pour savoir pourquoi. Ils ont trouvé Mohammed qui lisait le Coran. Cela s'est produit parce que le Prophète a révélé le Coran. Ces djinns se sont convertis à l'islam parce qu'ils avaient maintenant appris tout ce qu'ils avaient besoin de savoir (sourate 72: 1-19; sourate 46: 29-32).

Al Baidawi, un érudit islamique du xiiie siècle, a consigné diverses déclarations dans son tafsir, les notions d'identité des djinns qui étaient courantes à l'époque. D'une part, ils pourraient être des corps invisibles dans lesquels prédominerait la nature du feu et de l'air. D'un autre côté, ils pourraient être des êtres purement spirituels ou les âmes désincarnées des défunts qui resteraient à Barzakh jusqu'au jour de la résurrection. Selon le Coran, ils vivaient avant les Hommes sur terre, sous le règne de « Ibn Jann ». Quand Dieu annonça aux anges dans la sourate 2:30 qu'il voulait créer des successeurs, ce furent les humains qui furent choisis. Les djinns d'origine furent donc chassés par une armée d'anges sous le commandement d'Iblis. En raison de cette rivalité, leurs relations avec les humains seraient souvent mauvaises.

Toutefois, le cheikh Si Hamza Boubakeur dénote dans son essai d'exégèse coranique, une divergence à propos même de leur existence. Il cite à ce sujet l'historien Ibn Khaldun et le philosophe Avicenne, pour qui les djinns ne seraient finalement qu'un symbole imagé, et non des créatures en tant que telles, voire des allégories à proprement parler. Ibn Khaldun inclut cette théorie en ce qui concerne toutes les créatures et révélations célestes citées par Dieu dans le Coran.


Djinn et possession

La possession démoniaque est une croyance ancienne selon laquelle les djinns peuvent prendre contrôle du corps et de l'esprit d'une personne.

Présent dans la tradition chrétienne sous le nom d'exorcisme, cette théorie fait débat au sein des musulmans. Tandis qu'une part non négligeable des musulmans considèrent la possession comme étant "irréelle" et relevant du fantastique, voire d'un délire ésotérique, une autre partie y croit ouvertement, et se livrent à des pratiques, nommées "roqyas", qu'ils jugent conformes à la parole du Coran, et aux ''hadiths'' prononcés par le Prophète. Des multiples abus et escroqueries furent signalés dans les cabinets prévus à cet effet, certains ne respectant pas les normes sanitaires, voire abusant financièrement ou sexuellement de leurs clients.

La psychologie et les sciences modernes sont vivement encouragés par les opposants à cette théorie métaphysique, argumentant principalement sur les avancées majeures de la médecine, et en expliquant que nombre de problèmes psychologiques ou psychiatriques peuvent être résolus en utilisant ces méthodes.

Dans la culture arabe

Dans les légendes arabes, les djinns (appelés aussi jnoun) sont des créatures surnaturelles souvent représentées comme des esprits maléfiques ou bénéfiques qui peuvent prendre diverses formes, y compris celles des êtres humains ou des animaux. Selon la tradition islamique, les djinns ont été créés à partir d'un feu sans fumée, avant l'apparition de l'humanité, et sont dotés d'une intelligence et d'une volonté propre, mais ne possèdent pas l'immortalité.

Les jnoun ont une grande importance dans la culture arabe, et sont souvent mentionnés dans les histoires, les légendes et la poésie. On raconte qu'ils ont le pouvoir de se déplacer rapidement, de voler et de se rendre invisibles, ce qui les rend extrêmement difficiles à attraper ou à contrôler. Ils sont souvent associés aux lieux abandonnés, aux cimetières et aux zones désertiques, et leur présence est considérée comme un signe de danger.

Il existe de nombreuses histoires sur les jnoun dans la culture arabe, dont certaines sont très populaires. L'une des plus célèbres est celle d'Aladdin et de la lampe magique, où un djinn est emprisonné dans une lampe et doit obéir aux ordres de la personne qui la possède. Dans d'autres histoires, les djinns sont représentés comme des créatures malveillantes qui cherchent à tromper les humains ou à leur causer du tort.

Malgré leur nature mystérieuse et effrayante, les jnoun sont également considérés comme des protecteurs de certains endroits et peuvent même être invoqués pour obtenir de l'aide ou de la protection. Dans la tradition musulmane, il est également possible pour les humains de se lier d'amitié avec les djinns, mais cela est considéré comme dangereux et doit être fait avec précaution.

Dans d'autres traditions

Dans la mythologie Guanche de Tenerife dans les îles Canaries, il y a une croyance en des êtres qui sont semblables à des génies, tels que les Maxios (génies inférieurs ou domestiques) et les Tibicenas (mauvais génies) ainsi que le diable Guayota (dieu maléfique autochtone). Celui-ci, comme avec le Iblis arabe, est identifié parfois à un djinn. Les Guanches sont d'origine berbère.

Homophonie

Malgré la similarité phonétique, renforcée par la confusion présente dans les traductions d’Aladin ou la Lampe merveilleuse, le mot « génie » n'est pas une francisation du mot « djinn ». Le terme « génie » vient du latin « genius », lui-même issu du grec « γεννάν »gennán« générer, former ». En latin, le mot « genius » renvoie à une « divinité tutélaire » et, au sens figuré à une « inclination, talent ». Dans ce sens, il représente donc la capacité d'action d'un état ou d'une personne. En français, le terme est en général pris dans le sens latin de talent ou d'aptitude« génie civil »« génie militaire ». Utilisé seul, il désigne également une personne dotée d'une habileté remarquable, d'une aptitude supérieure de l'esprit. Notons que le mot « genius », via le sens grec de « générer, former » est également à la racine de plusieurs termes en français (ingénieur, géniteur, gène, génétique, etc.) et dans les autres langues latines. Il est possible que des écarts de traductions aient amené des confusions entre deux entités bien distinctes : le « genius » et le « djinn », d'où une version édulcorée du génie oriental.

Il faut toutefois relever la similitude possible de sens entre ces deux termes, si l'on considère le sens premier de génie: « divinité tutélaire ». C'est ainsi que le Dictionnaire du Coran traite la notion de djinn dans l'article intitulé Génies.

Le mot est également ambigu en Islam. D'une part, il désigne le genre « Djinn », d'autre part c'est un terme général pour les êtres surnaturels, y compris les démons, les géants (Dive) et autres êtres invisibles. Quant à la différence entre les anges et les djinns, elle n'est pas toujours très claire. C’est une ambiguïté qu’on trouve de façon très nette dans Iblîs, que le Coran qualifie parfois d'ange (Al-Baqara, v. 34), parfois de génie (Al-Kahf, v. 50)

Il ne faut pas confondre le terme djinn (جِنّ [ğinn]) avec le terme perse Djans (جان [ğān]) qui signifie « l’esprit individuel d'un être », et qui est différent des Esprits de Groupe (روح [rūḥ]), terme d'origine sémitique (רוח [rox]).

 Ardat-lilī


Ardat-lilī est une démone mésopotamienne. La Lilith biblique tiendrait d’elle quelques-unes de ses caractéristiques. Elle est souvent assimilée avec Lilītu, dont il faut la distinguer.

Ardat-lilī est une sorte de succube, parfois décrite comme prenant l'apparence d'une louve à queue de serpent. Démone liée au vent, elle est supposée avoir la capacité de voler, et de s'introduire dans les maisons par les fenêtres. Elle est présentée comme ayant un appétit sexuel insatiable. Elle s'en prend aux hommes, dont elle tente de faire ses conjoints, ou bien qu'elle empêche de se marier. Elle a un aspect séducteur très prononcé. Ardat-lilī agresse également les jeunes filles en âge de se marier. Ardat-lilī est en effet souvent décrite comme le spectre d'une jeune fille morte avant de se marier, ce qui explique sa volonté d'empêcher les mortels de se marier.





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